La construction d’Iter va démarrer à Cadarache …

    Le projet Iter de réacteur à fusion thermonucléaire entre dans sa phase concrète à Cadarache (Bouches-du-Rhône). Après beaucoup de tergiversations.

    L’Europe, la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, la Russie et les États-Unis se sont alliés pour conquérir l’énergie du futur. Au total, 34 pays se donnent 35 ans pour tenter, à Cadarache, dans le sud de la France, ce qui paraissait impossible voici quelques années encore : reproduire l’énergie qui fait brûler le soleil, en fusionnant les atomes d’hydrogène.

    La fusion atomique est maîtrisée depuis 1949 sur le plan militaire : la bombe à hydrogène surmultiplie la puissance de la bombe atomique. Mais jusqu’à présent, il a toujours été impossible de domestiquer cette formidable énergie.

    Iter a pour but de vérifier s’il est possible de « civiliser » la fusion nucléaire. Ce projet pharaonique s’appuie sur une organisation (Iter Organization), qui ressemble à celle mise en œuvre pour la Station spatiale internationale.

    La complexité du montage et les luttes d’influence ont rythmé, depuis le début la vie d’Iter, Organization. La France et le Japon étaient en lice pour construire le réacteur expérimental. C’est finalement Paris qui l’a emporté : Iter sera installé sur le site de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône. L’Europe n’a pas eu le même succès sur le plan financier : elle devra prendre à sa charge 45 % du coût total du projet.

    Premier plasma dans neuf ans

    Côté finances, justement, Iter a coincé pendant de longs mois, le budget ayant explosé. La part prévue pour les Européens est passée de 3,5 milliards d’euros (estimés en 2006) à 7,2 milliards aujourd’hui.

    Il a fallu de multiples réunions pour redéfinir le projet. L’objectif initial, qui consistait à obtenir un premier plasma en 2018, a été repoussé à novembre 2019.

    Sur le plan budgétaire, l’Europe a jonglé avec les milliards de ses fonds de recherche et ceux dévolus aux fonds stratégiques, pour plafonner sa participation à 6,6 milliards d’euros, contre 7,2 qui lui sont demandés.

    Nouveaux financements, nouveau calendrier… et nouvelle équipe, puisqu’Iter a officialisé, à Cadarache, la nomination du physicien japonais Osamu Motojima à la tête de l’organisation, en remplacement de son compatriote Kaname Ikeda, ancien diplomate et ingénieur nucléaire.

    Les premières opérations de construction de bâtiments Iter vont commencer début août. Il s’agit de bâtir le siège administratif, ainsi que deux bâtiments techniques. Quatre ans après la signature du traité international lui ayant donné naissance, Iter sortira alors vraiment de terre.

    « À cause de ses enjeux en termes de sécurité de l’approvisionnement énergétique mondial, de lutte contre le changement climatique et d’investissement, le statut d’Iter n’est plus seulement scientifique. C’est désormais un projet politique », souligne la Commission européenne.

    source : http://www.lalsace.fr/fr/france-monde/article/3566655/La-construction-d-Iter-va-demarrer-a-Cadarache.html

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