EDF, la machine à broyer : enquête sur une nouvelle affaire France Télécom

Une enquête de Thierry GADAULT édifiante sur les méthodes de broyages déployées à EDF contre nos collègues statutaires…

nous vous laissons imaginer le quotidien des salariés de la sous-traitance qui eux aussi ont leurs prédateurs et harceleurs …

affaire à suivre parole de MZC 😉 

Harcèlement moral ou sexuel, brimades, discriminations, suicides… La vie quotidienne à EDF est un enfer pour de nombreux salariés. Une situation parfaitement connue de la direction générale depuis plus de 20 ans, sans aucun changement dans les méthodes de management. Un récent procès et une enquête pourraient changer la donne.

Coupable ! Dans un jugement rendu le 29 mars dernier, le tribunal des affaires sociales de Lyon estime que le suicide en 2013 d’un salarié de RTE, alors filiale à 100 % d’EDF, constitue une faute inexcusable de l’employeur. Trois ans plus tôt, en 2018, la cour d’appel de Lyon avait déjà considéré que ce drame était un accident du travail, bien qu’il soit intervenu au domicile du salarié.

Une vieille histoire

Pour convaincre la cour, Émilie Conte-Jansen, l’avocate de la famille du salarié, s’est appuyée sur un rapport réalisé après ce suicide par le cabinet Cidecos. Ses constatations sur les conditions de travail dans l’unité GIMR, la division de RTE dans laquelle l’agent était salarié, sont accablantes pour la filiale d’EDF. « Les différents signaux d’alerte pour GIMR sont anciens, durables et significatifs, notent les rédacteurs de ce cabinet spécialisé dans le conseil auprès des comités d’entreprise. Lorsque différentes enquêtes indiquent et confortent l’idée que des salariés sont en souffrance et que le travail est à l’origine, même pour une part seulement, de cette souffrance, des actions doivent être mises en œuvre pour remédier à cette situation. » Le rappel est sévère. Et le cabinet Cidecos de préciser, si nécessaire : « Il s’agit là d’une obligation légale de l’employeur. » Ce rapport soulignait par ailleurs que d’autres salariés de GIMR étaient en souffrance et que certains pensaient également au suicide…

Sylvie, ex-manager et chef de projet, 33 ans à EDF « Ce futur harceleur a dit « je vous veux ! ». Il a jeté son dévolu sur moi »

Le jugement de Lyon dévoile la face cachée d’un groupe public qui se présente sur son site en ligne comme « un employeur socialement responsable ». EDF se veut même un « référent en termes de santé, de professionnalisme et d’implication de ses salariés. » Pour marquer combien les questions de sécurité et de santé au travail sont prises au sérieux, les membres du Comex (le comité exécutif, qui regroupe les principaux dirigeants d’EDF) ont signé collectivement en 2018 une nouvelle politique « Santé Sécurité », avec la publication d’un guide des bonnes pratiques.

Le parquet enquête

Fin décembre 2020, l’ouverture d’une enquête préliminaire par le procureur de la République de Charleville-Mézières écornait déjà l’image de l’électricien. Les faits visés ? Harcèlement moral contre un salarié de la centrale nucléaire de Chooz (Ardennes). La procédure à l’origine de cette initiative du parquet est, elle aussi, lourde de sens. L’ouverture de l’enquête préliminaire fait suite à une dénonciation de l’Autorité de sûreté de nucléaire , au titre de l’article 40 du code de procédure pénale (qui oblige tout fonctionnaire ayant connaissance de faits délictueux à informer le procureur de la République).

« Plus je disais non, plus je le fuyais, plus il me harcelait ! »

Dans le nucléaire, l’ASN joue le rôle d’inspecteur du travail. Si l’Autorité, contactée par Blast, n’explique pas les raisons qui l’ont amenée à saisir le parquet de Charleville-Mézières, elle précise toutefois que « les inspecteurs du travail engagent régulièrement des procédures pénales ou de sanctions administratives suites aux infractions qu’ils constatent. » Ce qui en dit long sur le management toxique à l’œuvre depuis de longues années chez EDF.

« Dès le début des années 1990, l’alerte est donnée »

De fait, le harcèlement moral, les discriminations et les suicides ne sont pas une nouveauté pour l’entreprise publique. Dès le début des années 1990, médecins du travail, syndicalistes, sociologues et psychiatres sonnent l’alerte. Au cours de cette décennie, plusieurs enquêtes sur les risques psycho-sociaux dans l’entreprise sont menées par le docteur Dominique Huez, médecin du travail à la centrale de Chinon, la sociologue Annie Thébaud-Mony, spécialisée dans la santé au travail, ou encore le professeur de psychologie au travail Christophe Dejours.

Michel, technicien, 37 ans à EDF « Du jour au lendemain, je n’ai plus eu de travail »

A l’époque, ces spécialistes enquêtent sur l’impact de l’arrivée massive dans les centrales nucléaires de la sous-traitance, à qui EDF va rapidement déléguer jusqu’à 80 % des travaux de maintenance, réalisés jusqu’alors par ses propres salariés. Cette irruption aussi brutale que soudaine avait suscité une forte réaction, matérialisée par une violente crise sociale nourrie du mécontentement de techniciens dépossédés de leur travail. Avec, quelques années plus tard, plusieurs suicides d’agents.

Ces méthodes de management sont aussi mises en causes dans d’autres divisions d’EDF, comme la distribution. « Le harcèlement, que nous avions vécu à l’époque, était dû à des changements d’organisation qui avaient accru les contraintes et modifié en profondeur les organisations de travail avec l’arrivée de la sous-traitance », précise Michel Lallier, syndicaliste (CGT) retraité d’EDF, spécialisé dans la santé au travail et fondateur de l’Association d’aide aux victimes et aux organismes confrontés aux suicides et dépressions professionnelles (ASDPRO). Créée après un double suicide intervenu dans une centrale, l’association s’était montrée très active en particulier dans le soutien aux salariés de France Télécom. « Les suicides d’agents sont intervenus une dizaine d’années plus tard, ce qu’avait prévu Christophe Dejours dans sa première enquête en 1991. »

Maurice, technicien, 38 ans à EDF « J'étais dans un mal être. On m'avait massacré »

Dans un compte-rendu de décembre 2003 du comité national hygiène et sécurité du travail (CNHSCT), un médecin évalue la moyenne de suicides chez EDF à 30 par an, depuis la création de cette structure qui coiffe l’ensemble des CHSCT du groupe EDF (entre 1985 et 2008). D’après un élu de la CGT, le taux de suicides a même augmenté – et fortement : de 19,78 pour 100 000 salariés au cours de la décennie 80, il a grimpé à 21,63 pour 100 000, entre 2000 et 2003.

Quoi qu’il en soit, cette moyenne de 30 suicides par an pendant 20 ans dessine une réalité aussi effrayante qu’ahurissante. A titre de comparaison, le taux de suicide moyen en France est de 14,1 pour 100 000 habitants.

« Quand je suis rentré dans son bureau, il a dit « bon, je ferme la porte à clé ?»

Interrogée, par nos soins sur ce phénomène et son ampleur (jusqu’en 2000), EDF brandira une enquête, pour toute réponse. Menée dans les entreprises des industries électriques et gazières, entre 1996 et 2008, elle avait conclu que « les salariés des IEG présentent globalement, à toutes les périodes de l’étude, une mortalité par suicide significativement plus faible que celle observée dans la population générale française (environ -30%). » En revanche, l’entreprise refuse de communiquer sur le nombre de suicides chez ses salariés depuis 2003.

Pourtant, à la fin de la décennie 90, la situation sociale est jugée suffisamment grave pour que les services centraux de la médecine au travail d’EDF et les organisations syndicales organisent entre 1999 et 2002 plusieurs colloques internes consacrés au harcèlement moral. Le constat est clair et sans appel : si différentes causes peuvent expliquer la souffrance au travail de très nombreux salariés, les méthodes de management et l’impunité de chefs harceleurs sont largement pointés du doigt. Les actes du colloque de 2001 et de celui de 2002 sont consultables ici et là .

« Le directeur va conclure que je n’étais pas harcelée »

Vingt ans après ces colloques, un constat s’impose : rien n’a changé chez EDF. A l’issue d’une longue enquête auprès des salariés de l’entreprise publique, les nombreux témoignages recueillis par Blast font froid dans le dos. Une partie de l’encadrement semble prendre plaisir à détruire des agents sans se soucier des conséquences qui peuvent aller jusqu’au suicide.

Le cas du salarié pour lequel l’ASN a déclenché l’article 40 est édifiant. Recruté comme technicien de base à la fin des années 1990, cet agent a d’abord connu une progression de carrière fulgurante : devenu ingénieur conduite, toujours très bien noté, il a ainsi intégré l’inspection nucléaire d’EDF. Souhaitant pour des raisons familiales revenir travailler dans une centrale nucléaire, il a obtenu un poste de chef de service adjoint ingénierie à Chooz. Et là, tout a basculé. Sa vie professionnelle s’est transformée en enfer, jusqu’à entraîner après une lourde dépression plusieurs tentatives de suicide. La raison du harcèlement et des brimades déclenchés dès son arrivée ? Le mystère reste entier pour le principal intéressé. Mais quand il travaillait à l’inspection nucléaire, cet ingénieur avait rédigé un rapport sévère sur cette centrale… Faut-il voir dans ce qu’il a vécu par la suite le retour du bâton de ses écrits – une vengeance tardive de « petits chefs » n’ayant pas digéré d’être mal notés ?

Maurice, technicien, 38 ans à EDF « J’avais pas droit aux chaussures de sécurité ni aux protections, j’ai attrapé le maladie de Lyme »

Il y a dix ans, la centrale nucléaire de Chooz avait déjà défrayé la chronique. Plusieurs cadres avaient alors porté plainte contre le directeur en poste de 2001 à 2008, pour harcèlement moral. L’inspection du travail de l’ASN, elle aussi, avait jugé nécessaire de faire un signalement auprès du parquet de Charleville-Mézières. Si le tribunal correctionnel a finalement relaxé le directeur, en février 2012, cette première procédure révélait néanmoins le climat social dégradé dans cette centrale.

Mécanique électrique

De fait, les témoignages décrivent tous la même mécanique infernale : un évènement souvent banal (une demande de congés individuel de formation, un arrêt maladie…), quelquefois plus grave (du harcèlement sexuel ou la dénonciation d’une fraude), place le salarié dans une position délicate vis-à-vis de sa hiérarchie directe. Quand il tente de se défendre face au harcèlement moral qu’il subit, les supérieurs et le département des ressources humaines de l’entreprise se liguent pour soutenir le responsable de ce harcèlement. L’agent va se retrouver rapidement dévalorisé, brimé, puis déchargé de ses missions et placardisé. Son avancement est bloqué, et tout est organisé pour l’empêcher de trouver un poste qui lui conviendrait dans une autre unité. Autour de lui, le piège se referme : un véritable cordon sanitaire se met en place, pour l’isoler. Et le recours aux délégués du personnel, au médecin ou à l’inspecteur du travail se révèle la plupart du temps impossible : très souvent, les exemples sont nombreux, ceux-là ne sont d’aucune utilité pour briser cette entente nocive, quand… ils ne soutiennent pas la version du chef hiérarchique.

« Six ans de harcèlement, ça fait du dégât dans un couple »

Certains managers sont capables d’aller loin dans l’ignominie. Par exemple déclencher une inspection de la sécurité sociale chez un salarié, en arrêt de travail pour dépression, le jour où il enterre un de ses parents, décédé après une longue maladie. Les collègues de ce salarié, harcelé pendant près de trente ans par sa hiérarchie, avaient été prévenus de la date des obsèques…Ou, autre exemple, enquêter sur les revenus du conjoint d’une collaboratrice – qui ne travaille pas à EDF – pour savoir si le salaire de celle-ci lui est indispensable pour vivre !

De vrais faussaires

Ce n’est pas tout. Cette mécanique déviante est également et régulièrement alimentée par de faux documents ou de faux témoignages, évidemment à charge contre l’agent pris pour cible. Et, parfois, par des dépôts de plaintes farfelues mais suffisantes pour créer un climat et accuser le salarié des pires turpitudes. De quoi justifier, auprès de ses collègues, l’acharnement mis à le détruire. Enfin, quand EDF déclenche une enquête, interne ou confiée à un cabinet extérieur, l’anonymat des salariés invités à témoigner n’est pas toujours respecté. Une méthode digne d’une officine barbouzarde qui permet d’identifier puis de sanctionner ceux qui se montrent trop critiques…

Jean-Michel, technicien de laboratoire, 10 ans à EDF « Cet enfoiré a donné tous les témoignages à la direction ! »

Pour les victimes, ce travail de sape et de destruction systématique a de lourdes conséquences : souffrances psychiques, troubles de la personnalité et dépressions, qui peuvent conduire au suicide. Un piège redoutable. En effet, faire reconnaître cette souffrance comme accident du travail relève du parcours du combattant. Et obtenir une décision des prud’hommes ou du tribunal correctionnel concluant au harcèlement moral et à la responsabilité de l’entreprise tient quasiment de la mission impossible.

« Il existe une chape de plomb à EDF, avec des représailles très fortes »

Le préjudice est pourtant aussi réel que tangible : la victime est souvent placée en invalidité, son avancement définitivement bloqué, ou, pour celles en fin de carrière, mises autoritairement en retraite. La vindicte de l’employeur, ou ex-employeur, va parfois jusqu’à annuler le tarif particulier de l’électricité dont les salariés et les retraités d’EDF bénéficient !

Et que devient l’harceleur, dans le même temps ? Généralement, il ne se passe rien : il continue sa carrière, sans se soucier des dégâts provoqués. Et si la situation devient intenable – tout un service se révolte, ou une condamnation en justice établit la vérité des faits… -, il peut connaître un changement d’affectation, sans qu’aucune mesure réelle de sanction ne soit prononcée contre lui, dans la plupart des cas. Très exceptionnellement, EDF a toutefois licencié le manager coupable.

« Je lui ai dit « pars, tu es sur la liste noire, tu ne t’en sortiras jamais !» »

Pour sa défense, la direction du groupe indique à Blast avoir mis en place un « ensemble de dispositions [qui] permet désormais à chaque salarié d’être mieux informé, et pour celles et ceux qui se sentiraient victime de harcèlement, de connaître leurs droits et les voies de recours possibles ». Et l’opérateur de compléter d’une formulation qui sonne déjà comme une reconnaissance sinon de sa responsabilité au moins de la récurrence passée de ces problèmes : « Aussi celles et ceux qui pourraient être victimes de harcèlement ont davantage la possibilité de saisir une voie de recours aujourd’hui qu’il y a vingt ans. »

Adieu EDF !

Malheureusement, dans la pratique, ces consignes ne semblent pas connues d’un certain nombre de managers. Dans certains services, la situation sociale est tellement dégradée que des travailleurs intérimaires, à qui des postes en CDI sont proposés, refusent d’être embauchés ! Ou même, plus simplement, prolonger leur mission. Autre signal qui ne trompe pas, plutôt que survivre dans cet environnement toxique, de jeunes salariés n’hésitent plus à démissionner après quelques années, préférant aller à la concurrence en espérant voir leurs compétences reconnues. Inimaginable il y a deux ou trois décennies, quand entrer chez EDF était considéré comme la chance de toute une vie.

« EDF m’a supprimé mon salaire, sans enquête !»

« Sur le site où je travaille, près de 10 % des effectifs sont en arrêt de travail, raconte une salariée de la branche commerce (en charge de la commercialisation des offres du groupe), elle-même en arrêt de travail pour dépression. Il faut dire qu’on nous a imposé plusieurs responsables dont le comportement était notoirement connu avant même leur prise de fonction. Les ressources humaines ont éloigné l’un de ces harceleurs pendant deux ans, mais il a ensuite retrouvé son poste comme s’il ne s’était rien passé ». Selon ce témoin, des challenges, avec primes à la clé (!), sont même organisés entre chefs de service pour récompenser celui qui fera partir le plus grand nombre de salariés dans cette activité en restructuration quasi permanente !

« Chez EDF, ce qui se passe aujourd’hui, c’est ce qui s’est passé chez France Telecom : un harcèlement managérial, institutionnel, analyse le syndicaliste Michel Lallier. C’est ce qui se passe à La Poste, dans les hôpitaux et dans les services publics avec des agents sous statut ».

Au service des actionnaires

« C’est l’équivalent de ce qui a été montré au procès France Telecom, ajoute en écho la sociologue Annie Thebaut-Mony, une volonté de décourager les salariés pour les pousser vers la porte. » La casse et le sacrifice humain constatés ici posent clairement la question de choix et de décisions qui relèvent du pouvoir politique. « Avec la privatisation, reprend Annie Thebaut-Mony, on n’est plus dans une entreprise de service public mais dans une entreprise privée au service des actionnaires, et qui doit donc dégager des dividendes. Le travail n’a plus le même sens : son organisation est faite pour dégager des bénéfices. Et là, c’est la catastrophe. »

« J’ai coulé pendant des années »

Face à cette situation délétère, faudra-t-il une plainte collective des salariés harcelés (pour mise en danger de la vie d’autrui) pour qu’EDF reconnaisse sa responsabilité, et change ses méthodes de management ? « Dire que des faits similaires à France Telecom se produisent à EDF est inexact », s’insurge l’électricien. La vérité du terrain semble pourtant valider l’analyse faite par Michel Lallier et Annie Thebaut-Mony.

Pour sa défense, l’entreprise publique pourra toujours évoquer un sondage maison sur le climat social interne, qui ne semble pas repérer de mal-être au travail.

A la fin des années 2000, France Telecom communiquait aussi avec ce même type de baromètres, très favorables à l’entreprise. Avant que l’explosion des suicides ne lève le voile sur une toute autre réalité.

Le off de l’enquête Blast

Paroles d’harcelés d’EDF

Nucléaire, hydroélectricité, commerce, services administratifs… Les salariés harcelés d’EDF qui ont bien voulu témoigner travaillent dans toutes les branches et activités du groupe, partout en France. Certains, parce qu’ils sont à la retraite ou considèrent qu’ils n’ont plus rien à perdre, ont accepté de parler à visage découvert. Nous présentons ici un échantillon de ces témoignages symptomatiques du management toxique mis en place par l’électricien depuis des décennies. D’autres salariés ont préféré après réflexion ne pas apparaître, par peur d’aggraver leur situation – une prudence qui se comprend et se justifie au vu des pratiques que nous avons découvertes au cours de notre enquête.

Crédits photo : Cruas, FRANCE / Moirenc Camille / Hemis via AFP

Source : https://www.blast-info.fr/articles/2021/edf-la-machine-a-broyer-enquete-sur-une-nouvelle-affaire-france-telecom-XWhOXGdRTAOcYPfnwjiFvQ

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2 comments for “EDF, la machine à broyer : enquête sur une nouvelle affaire France Télécom

  1. reich
    14 avril 2021 at 20h39

    sans cette omerta ils seraient dans de beau draps … Mais les endoctrinés ne semblent pas manquer dans le secteur … ont ils un vaccin pour faire barrière aux effets indésirables produits par cette activité quand les dérives ont conduit à l’accident ?

  2. exosphene
    14 avril 2021 at 17h07

    La politique du « Pas vu pas pris » a des conséquences graves, et d’autant plus graves lorsque l’on parle de nucléaire. C’est la porte ouverte à toutes les dérives. Supprimer les garde-fous engendre un bénéfice commercial indéniable néanmoins cela reste une vision à court terme et le nucléaire ne peut se permettre ce genre de stratégie.

    1) Cela fausse la vision globale de l’activité et exonère l’entreprise de ses responsabilités en matière de sureté, ceux qui en font les frais sont ceux qui la font tourner. Les salariés, et ils leurs coutent tant sur le plan financier que sanitaire.

    2) De cette marche forcée, émergent des statistiques erronées qui placent une Direction dans une fausse réalité avec pour conséquences des orientations stratégiques « totalement déconnectées de la réalité ».

    3) L’inertie qu’induit un tel système se répand au cœur même des différents secteurs d’activités, ce qui contribue à la dissimulation des malfaçons, particulièrement dangereuses pour tout le monde.

    Si l’on ne répondra pas aux conséquences d’hier avec les solutions d’aujourd’hui, il est toujours possible de se servir du retour d’expérience d’hier pour apprécier le problème aujourd’hui. Limiter les dégâts des conséquences à venir ne sera pas un luxe tant le risque s’accroît. Ceci dit, on ne lutte pas contre un problème en s’attaquant aux conséquences, surtout lorsque l’on en profite pour alourdir le processus de codification des remontées comme la loi « Sapin 2 », qui n’apporte comme solution que la pérennisation du problème en alourdissant et retardant au maximum le processus d’alerte laissant grandement le temps aux entreprises de faire leur petit ménage. Sans parler de la formidable latitude qui leur est offerte pour augmenter la pression sur ceux qui ne cautionnent pas le sale boulot. (Qui, au bout du compte ne profite à personne, à part aux décérébrés opportunistes carriéristes incapables de voir plus loin que le bout de leur nez).

    Quand on en est à parler de problèmes d’éthiques c’est que le problème est grave, parce qu’en général l’éthique s’écrit une fois que le mal est fait. Il serait grand temps que l’éthique s’impose à titre préventif, plutôt que de s’écrire en temps de crise pour mieux s’en exonérer dans un contexte curatif d’urgence.

    Par défaut un système performant est un système fragile, le nucléaire lui, demande un système robuste, stable et pérenne, la réalité aujourd’hui nous montre qu’il ne l’est pas, par nature.

    C’est bien là que réside le désaccord de fond qui s’exprime au travers de tous ces témoignages. La performance de la marche forcée induisant celle du marché forcé atteint les limites d’un bénéfice/risque socialement acceptable.
    Merci à tous ceux qui ont le courage de ce geste barrière, à la consolidation du mur du silence qui n’existe que par la force de l’omerta que l’atome fait régner.

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