Elektrostal, à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Moscou.
Une ville qui doit son nom à son passé sidérurgique, interdite aux étrangers à l’époque soviétique.
C’est là que furent réalisées les barres d’uranium de la première centrale nucléaire russe, en 1954.
Et c’est là qu’aujourd’hui encore, TVEL, une des filiales de Rosatom, l’Agence fédérale de l’énergie atomique, assemble le combustible qui alimente les réacteurs de technologie russes, mais d’autres aussi.
Au total sortent chaque mois environ 15 000 « crayons », des tubes en zirconium de deux à quatre mètres de long remplis de pastilles d’oxyde d’uranium, destinés à 76 réacteurs, soit 17 % du parc mondial.
Du culte du secret de l’empire communiste subsiste encore le nom du site, « Usine de constructions mécaniques », inscrit sur le fronton de l’entrée entouré de deux portraits de Lénine. « Un leurre destiné à cacher la réelle affectation des lieux », expliquent ses responsables.
Cachés au milieu des arbres, les bâtiments, répartis sur une quarantaine d’hectares, ne semblent pas avoir changé.
Certains, construits juste avant la révolution russe de 1917 pour abriter une usine d’armement, sont en ruine.
Capter, d’ici à 2025, le quart du marché mondial du combustible …
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L’énergie nucléaire dans le monde…
L’énergie d’origine nucléaire a représenté 14 % de la production électrique mondiale en 2009, derrière le charbon (41 %), le gaz (21 %) et l’hydroélectricité (16 %).
Selon le scénario de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoyant une réduction de 50 % des émissions de CO2 provenant du secteur énergétique d’ici à 2050, le nucléaire pourrait fournir 24 % de l’électricité mondiale à cette date.
439 réacteurs nucléaires sont actuellement en service, d’après le recensement établi par la World Nuclear Association (WNA). Ils sont répartis dans 31 pays.
L’Europe et la Russie représentent 45 % du parc installé, devant l’Amérique du Nord (32 %).
57 réacteurs sont aujourd’hui en construction dans le monde et 137 seraient en commande ou en projet. La WNA affirme que 345 réacteurs seraient envisagés d’ici à 2030.
Les associations antinucléaires dénoncent ses projections qu’elles jugent peu fiables, car ne tenant pas compte de l’allongement de la durée de vie des centrales, qui mécaniquement va réduire les besoins de nouveaux réacteurs.
Elles estiment également que l’industrie du secteur est incapable, à l’heure actuelle, de lancer des programmes de construction d’une telle ampleur sans dérive des coûts et des délais.