Lettre ouverte aux jeunes : "Dénoncez ces réformes qui vous ferment les portes de l’emploi et des entreprises !" …

    Vous êtes des millions à galérer pendant des années, de stages en CDD à répétition, avant d’accéder à un vrai emploi. Savoir si dans 40 ans, l’âge légal de la retraite sera 60, 62 ou 70 ans est le dernier de vos soucis. Rien de plus logique, puisque votre préoccupation c’est d’accéder à l’autonomie économique, afin de pouvoir fonder une famille et faire des projets. Après de nombreuses années d’études ou de formation, ce chômage qui vous bouche l’horizon, voilà ce qui vous pourrit la vie, jusqu’à vous faire douter de vous-même et de votre utilité dans la société.

    Ce n’est pas un hasard si vous percevez cette situation plutôt comme une fatalité que comme révoltante,. En répétant que l’emploi est la priorité N° 1 et qu’il n’y a pas d’autres solutions que celles qu’ils proposent, les gouvernements de droite n’ont pas lésiné sur les moyens pour générer confusion et résignation. Depuis 30 ans, ils ont mis en oeuvre les mêmes remèdes : baisse du coût du travail, assouplissements du droit du travail, amélioration de la formation, dérégulations financières, flexibilité, concurrence libre et non faussée … Avec les résultats que l’on connaît : persistance d’un chômage de masse et explosion des inégalités de tous ordres. Pire, ces « remèdes au chômage » ont conduit à la plus grave crise depuis 1929 !

    Dès 1997, Michel Rocard avait tiré la sonnette d’alarme dans un livre consacré aux causes du chômage et aux solutions. Il écrivait en 4ème de couverture de ce livre intitulé « Les moyens d’en sortir » : « L’inexorable montée du chômage démontre l’inefficacité de toutes les techniques utilisées pour le combattre … On ne luttera efficacement contre le chômage massif que par la réduction massive du temps de travail. Toute la question est : comment faire ? ».

    Face à un « échec » aussi éclatant et général pour faire reculer le chômage, examinons deux hypothèses. Et si le chômage de masse était indispensable à l’accroissement des profits distribués aux actionnaires ? Et si, en répétant que l’emploi est leur priorité N° 1, ils ne faisaient que dresser un rideau de fumée devant cette réalité qu’il faut cacher ?

    Qu’est-ce que le chômage et à qui profite-t-il ?

    Le chômage n’est rien d’autre qu’une répartition imposée du temps de travail avec, aux 2 extrémités, ceux qui se ruinent la santé au travail et ceux qui n’ont pas d’emploi, ou seulement des petits boulots précaires. Même les économistes libéraux reconnaissent aujourd’hui que c’est la persistance d’un chômage de masse qui a instauré un rapport de force défavorable aux salariés et permis ainsi de faire passer les dividendes versés aux actionnaires de 3,2% du PIB en 1982 à 8,5% en 2007.

    Nicolas Sarkozy et son gouvernement multiplient les réformes qui aggravent le chômage. Bizarre non ? Ils ont fini le démantèlement – commencé en 2002 – des lois Aubry sur la réduction du temps de travail qui avaient permis la création de 400 000 emplois et dont le but était de parvenir à une répartition moins injuste du temps de travail.

    Ils encouragent le recours aux heures supplémentaires en les exonérant de cotisations sociales. Dans un article intitulé « Il n’y a jamais eu autant d’heures sup’ qu’aujourd-hui », Guillaume Duval – rédacteur en chef d’Alternatives Economiques – écrivait le 9 avril 2010 : « Ainsi 4 milliards d’euros d’argent public sont dépensés pour inciter salariés et entreprises à faire des heures supplémentaires au lieu d’embaucher des jeunes et des chômeurs … Ces millions d’heures supplémentaires représentent l’équivalent de 420 000 emplois à temps plein … Un scandale qu’il y aurait urgence à faire cesser. »

    Ils ont supprimé toutes les règles qui encadraient le cumul emploi retraite. Depuis le 1er janvier 2009, tout salarié peut cumuler, sans limite de revenus, une retraite à taux plein et un salaire à temps complet ou partiel.

    Enfin, cerise sur le gâteau, ils veulent repousser à 62 ans l’âge légal de la retraite et à 67 ans celui donnant droit à une retraite à taux plein. Cela ne génèrera pas d’emplois supplémentaires et n’augmentera donc ni le nombre de cotisants, ni les ressources des régimes. Une partie des personnes entre 60 et 62 ans aura été déplacée de la case retraite vers la case chômage. L’autre partie devra travailler 2 ans de plus, au détriment notamment de l’embauche de centaines de milliers de jeunes.

    Pour plus de détails, voir notre Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy intitulée « Les Français n’ont pas besoin de travailler plus longtemps, mais de travailler tous ! ».

    Exigez l’abrogation de ces réformes qui contribuent à vous fermer les portes de l’emploi !

    lire la suite : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article105689

    et vous qu’en pensez vous ?

      2 comments for “Lettre ouverte aux jeunes : "Dénoncez ces réformes qui vous ferment les portes de l’emploi et des entreprises !" …

      1. Franck
        29 août 2010 at 22h35

        ah lalala… Et que croyez vous que les jeunes vont faire??? Rien! et pourquoi? car nous avons une jeunesse eduquee dans l’idiocratie la plus totale grace a la pensée unique de notre gouvernement, des enseignants qui leur apprennent des choses debiles, comme des baremes de salaire en fonction du niveau de scolarité. N’importe quoi.
        Ne comptez helas pas sur les jeunes pour obtnir une reaction exogene qui ferait un mouvement significatif dans le monde du travail… Nous avons une generation perdue d’etudiants plus occupés a voir sur internet des conneries que de s’occupper de leurs conditions de travail. Regardez bien les votes pour la droite parmi les tranches d’age pour vous en convaincre…

      2. 29 août 2010 at 20h07

        Diminuer le temps de travail : qui y croit encore ?
        On a vu le résultat : minable ! Et on les a bien payées les 35 heures, sur dix ans. On était fiers du « maintien du salaire », obtenu à l’époque par les égoïstes que nous sommes !
        C’est un vrai partage du travail qu’il aurait fallu faire d’emblée, ce qui sous-entend qu’il aurait fallu aussi partager les salaires (de ceux qui en avaient)…
        Or les gens ne sont pas partageurs, seuls ceux qui n’ont rien appellent au partage.
        Les méthodes françaises de traitement du chômage ont pour seul but de faire croire aux gens qu’on s’occupe d’eux, et aussi à éviter qu’ils aient trop faim (1789 a démarré à cause d’une famine, il faut nourrir le peuple car « ventre plein n’a pas de rage », alors on saupoudre avec quelques euros, on ajoute quelques restos du coeur, et ça suffit à éviter la révolte).
        La législation n’apporte rien : la sécurité de l’emploi a tué l’emploi. On ne peut plus licencier ? Alors on n’embauche pas…
        On finira avec une France pleine de petits artisans. Plus quelques fonctionnaires payés par les charges des susdits artisans entrepreneurs individuels.
        Favorisons la création d’emplois utiles, pas d’associations bidon ni d’organismes pleins de formateurs de formateurs, ces gouffres qui bouffent des budgets énormes – forcément prélevés sur les salaires – pour faire des chômeurs qualifiés.
        J’apprécie la jeunesse de l’article, il y a des vérités : par exemple il est vrai que quand une entreprise licencie ses actions montent, c’est le mauvais capitalisme, reste à trouver un truc pour lutter contre ces effets pervers…
        Bon courage
        jm

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