Le renouvellement des compétences, un chantier prioritaire…

    Alors que se profile le départ en retraite de milliers d’ingénieurs, la transmission des savoir-faire est primordiale pour les acteurs du secteur.
    Tel un « chien jaune » sur la piste de décollage d’un porte-avions, Jean-Louis Ferreira est équipé d’un casque antibruit, d’une veste fluorescente et il fait de grands gestes avec les bras. Les hommes qu’il oriente ne sont pas des pilotes de Rafale, mais des collègues forgerons, commandant à distance une presse de 7.500 tonnes.

    L’équipe de l’usine Areva du Creusot est en train de forger un conteneur de combustibles nucléaires usés. Jean-Louis Ferreira est en première ligne, à quelques mètres du marteau géant qui frappe le lingot rutilant, chauffé à 1.300 degrés. « Tout se fait à l’oeil, dit cet apprenti forgeron de vingt-neuf ans. On apprend le métier sur le tas. » Quatre à cinq ans sont nécessaires avant de maîtriser le savoir-faire, précise William Montcharmont, son tuteur depuis deux ans.

    D’où le gros effort d’embauche du champion français du nucléaire, depuis qu’il a racheté, en 2006, cette ancienne filiale d’Usinor au groupe Bolloré pour sécuriser ses approvisionnements en grosses pièces forgées. « Sur nos effectifs de 464 salariés, plus de 100 ont moins de trois ans d’ancienneté », souligne Dominique Maire, directeur adjoint de l’usine du Creusot. La plupart de ces recrues sont des jeunes. Comme sur le site voisin de Saint-Marcel, qui assemble les composants forgés au Creusot.
    En 2002, 8 % de ses effectifs avaient moins de 34 ans. En 2007, ils étaient 33 % !

    L’évolution des effectifs sur les deux sites bourguignons illustre la politique du groupe présidé par Anne Lauvergeon.
    Convaincu de la renaissance rapide de l’atome et pariant sur une avalanche de commandes de réacteurs, Areva a étoffé ses équipes à vitesse grand V. Le savoir-faire risquait en effet de disparaître avec les départs massifs en retraite de ceux qui ont construit le parc français.
    Entre 2006 et 2009, le groupe a embauché entre 12.000 et 15.000 personnes par an, dont la moitié pour ses activités nucléaires et l’autre pour celles de transmission et de distribution, qui viennent d’être cédées à Alstom et Schneider Electric.

    Cette année, environ 4.000 embauches sont prévues, à peine de quoi remplacer les départs à la retraite. Areva a-t-il vu trop grand ? La crise financière n’a-t-elle pas retardé certains projets ? « Ce n’est pas le cas,Nous avons recruté suffisamment tôt pour nous donner le temps d’intégrer et de former. Il faut au moins vingt-quatre mois pour devenir opérationnel sur un métier nucléaire. Si on recrute son équipe la veille de la Coupe du monde, on ne va pas bien loin ! » répond son directeur des ressources humaines, Philippe Vivien.

    Trouver le juste milieu…

    suite article : http://www.lesechos.fr/info/energie/020621142816-le-renouvellement-des-competences-un-chantier-prioritaire.htm

    et vous , vous en pensez quoi ?

    vous connaissez la GPEC ?

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