EPR de Flamanville : EDF accusé de «défaillance» par le gendarme du nucléaire

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) reproche ce mercredi à l’entreprise publique d’avoir multiplié les « défaillances » sur le chantier de l’EPR de Flamanville, en Normandie. Des accusations graves.

Des anomalies de soudures sur des tuyauteries sont à nouveau mises en cause sur le chantier de l’EPR de Flamanville LP/Olivier Arandel. Article de Erwan Benezet @erwanbenezet et Vincent Vérier @VincentVerier 03 octobre 2018

EDF prié de reprendre les choses en main sur son chantier de l’EPR de Flamanville (Manche). Ce mercredi, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), chargée de surveiller l’ensemble des activités nucléaires installées en France, épingle une nouvelle fois l’électricien français sur le déroulé de la construction de son réacteur nucléaire de troisième génération. Pire, elle accuse carrément l’entreprise publique de « défaillance ». Un qualificatif très fort quand on sait que les mots sont toujours soigneusement pesés par l’ASN dans sa communication.

En cause une nouvelle fois : les anomalies de soudures sur des tuyauteries qui permettront d’évacuer la vapeur du réacteur nucléaire lorsqu’il sera mis en fonctionnement. Dans un communiqué, l’ASN estime que « les écarts constatés traduisent une défaillance de la surveillance réalisée par EDF sur certaines activités du chantier du réacteur EPR de Flamanville. Elle demande par conséquent à EDF d’étendre la revue de la qualité des matériels installés sur ce réacteur ».

Surtout, l’ASN accuse à demi-mot EDF d’avoir occulté, un temps du moins, le problème rencontré. En effet, les premières anomalies de soudures ont été identifiées par l’entreprise publique en juillet 2015. Mais EDF n’a informé officiellement le gendarme du nucléaire que début 2017. Pourquoi ? Selon l’ASN, « la gestion de cette situation par l’exploitant a été défaillante ». Elle demande donc à EDF « d’effectuer une analyse approfondie des dysfonctionnements survenus au sein de ses services et de ceux de ses fournisseurs ».

Des travaux qui alourdiraient encore la facture

Plus globalement le gendarme du nucléaire s’interroge sur le mode opératoire choisi par l’entreprise pour régler le problème. EDF souhaite conserver en l’état une partie de ces soudures, notamment les huit « traversantes » situées au niveau de l’enceinte de confinement, une partie sensible d’un réacteur nucléaire. Les changer demanderait, il est vrai, des travaux considérables, occasionnant certainement de nouveaux retards et un surcoût pour un chantier qui pèse déjà pour plus de 10,9 milliards d’euros (Mds€) sur les comptes du groupe.

Contactée par Le Parisien, EDF se défend : « Nous sommes clairement en conformité avec les demandes de l’ASN. Plus spécifiquement sur les huit soudures situées au niveau des enceintes de confinement, ce qu’on appelle des traversées, aucune décision quant aux modalités de réparations n’ont encore été prises. Les échanges avec l’ASN ont commencé depuis juillet. Nous nous situons ici à un point d’étape. Il est trop tôt de notre point de vue pour parler de défaillances. Nous avons quatre mois pour fournir l’ensemble des informations sur nos procédures, et surtout sur les méthodes que nous souhaitons engager pour résoudre le problème. Nous continuons de penser que nous pouvons maintenir les soudures en l’état. Piste que nous allons justifier par des essais complémentaires. »

Source : EPR de Flamanville : EDF accusé de «défaillance» par le gendarme du nucléaire – Le Parisien

Sans le Canard Enchainé nous n’aurions jamais su certains gros scandale …

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                               Nous avons retrouvé cela dans nos archives 😉

2 comments for “EPR de Flamanville : EDF accusé de «défaillance» par le gendarme du nucléaire

  1. gengen
    4 octobre 2018 at 22 h 14 min

    encore, faut bien faire casquer tout le monde un peu plus … Rappelez vous le CO2, c’est ça qui va sauver l’homme et son environnement comme ils disent les u mort istes. Ils auraient quand même pu dire l’environnement et son homme ehehe

    allez que que la fiesta continue, ou le fiasco, à voir

  2. Exosphene
    3 octobre 2018 at 20 h 19 min

    Le constat est simple, EDF et AREVA ont perdu la maîtrise d’œuvre sur toute la ligne.
    La validation des pièces défectueuses ne repose que sur le chantage à la faillite.
    Nous ne pouvons que tarir d’éloges ces deux fleurons de l’industrie Française dans leur éclatante démonstration du développement à sa phase ultime du risque systémique.

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