Cancer : au contact des rayons toute leur vie, des infirmières bataillent pour faire reconnaître leur maladie professionnelle

Quid des multi expositions des salariés sous-traitants aux : 

  1. Rayonnements Ionisants 

  2. Amiante 

  3. Agents Chimiques Dangereux 

  4. Produits Cancérogènes Mutagènes et Reprotoxiques

  5. Risques Psychosociaux 

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Infirmières et aide-soignantes à la retraite, elles ont soigné toute leur vie des patients atteints de cancers à Rennes, avant de contracter la maladie

«Dans les années 1970-1980, on préparait les chimiothérapies à mains nues sur les paillasses, sans hotte pour aspirer les vapeurs toxiques, sans masque et même sans gants, alors qu’aujourd’hui les infirmières sont habillées comme des cosmonautes», témoigne Colette (les prénoms sont modifiés), 70 ans, ancienne infirmière du Centre de lutte contre le cancer Eugène-Marquis (CEM) de Rennes, établissement privé à but non lucratif.

«Parfois les seringues en verre fuyaient, les patients arrachaient leur perfusion de chimiothérapie ou nous vomissaient dessus. On en avait partout. On perdait nos cheveux, on avait mal aux yeux, à la tête», renchérit Irène, 80 ans, atteinte d’un cancer du côlon, qui a présenté, comme trois autres anciennes collègues, une demande de reconnaissance de maladie professionnelle.

Dans une étude publiée en 2018, des traces d’anticancéreux ont été retrouvées dans les urines de 53% des 250 personnels hospitaliers suivis.

Les soignantes devaient également administrer des traitements à base d’iode radioactif, manipuler des aiguilles de radium, quantifier des urines imbibées de radioactivité. «Certains patients se promenaient avec des aiguilles qui crachaient de la radioactivité. On nous disait de faire vite mais personne n’avertissait que ça pouvait être aussi dangereux», témoigne Thérèse, 71 ans, qui lutte contre un cancer des ovaires.

«Il n’y avait pas de chambres plombées comme aujourd’hui. Les patients étaient 15 par chambre, ça irradiait de partout et nous n’avions qu’un tablier en plomb comme protection», ajoute l’ancienne aide-soignante qui évoque de simples «rubans rouges» accrochés aux poignées de portes pour avertir de la présence des rayonnements.

Des traces d’anticancéreux dans les urines

Interrogé, le directeur adjoint de l’établissement Pascal Briot admet qu’un «ruban rouge» comme mesure de protection semble aujourd’hui «surréaliste». «Il n’est pas question de démentir la parole de ces personnes. Je marque simplement mon étonnement car à l’époque j’étais soignant dans d’autres établissements et je n’ai jamais constaté de carence», explique-t-il.

Une enquête interne auprès des médecins de l’époque n’a «pas révélé d’anomalie».

Sylvie Heuveline, délégué syndicale SUD, a recensé sept salariées qui ont fait des fausses couches ou ont accouché de bébés malformés entre la fin 1970 et le début 1980, comme un bébé né avec un demi coeur. Entre 1980 et 2017, 25 salariés atteints de cancers ont été identifiés par l’une des requérantes, Marie-Pierre Sénéchal, une ex-infirmière décédée à 71 ans en novembre d’un double cancer. «On nous a volé nos vies. On nous martelait que le cancer n’était pas contagieux, donc aucun risque», témoignait-elle par écrit.

«Entre 2013 et 2017, 1 840 cancers professionnels ont été reconnus en moyenne par an, soit 0,5% des nouveaux cas de cancers», indique un rapport de l’Assurance maladie. «80% sont liés à l’amiante et 95% sont reconnus dans les tableaux de maladies professionnelles».

Or, aucun des cancers des soignantes bretonnes n’apparaît dans ces tableaux. De plus, «il y a peu d’études épidémiologiques sur le risque cancérogène constitué par les médicaments anticancéreux pour les soignants, alors que cela concerne la plupart des services hospitaliers», souligne Antoine Villa, toxicologue et médecin du travail à Marseille.

Et si les soignants sont exposés à des doses bien moindres que les patients, ils peuvent l’être pendant des décennies. Selon l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité), les expositions perdurent aujourd’hui: dans une étude publiée en 2018, des traces d’anticancéreux ont été retrouvées dans les urines de 53% des 250 personnels hospitaliers suivis.

Le Covid-19 sera automatiquement reconnu comme maladie professionnelle pour les soignants touchés par le virus et ayant eu besoin d’un apport d’oxygène, les autres soignants et les non-soignants devant passer par un comité de deux médecins, selon le ministère de la Santé.

Source : https://www.lavoixdunord.fr/941917/article/2021-02-21/cancer-au-contact-des-rayons-toute-leur-vie-des-infirmieres-bataillent-pour

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