Un nouveau centre pour les déchets radioactifs en projet dans l’Aube

Article proposé par Jean-François LAVILLE lest-eclair.fr

Après Soulaines et Morvilliers, un troisième site de stockage pourrait voir le jour dans l’Aube. Les investigations se poursuivent pour un projet programmé à l’horizon 2030.

1.Pourquoi un nouveau site ?

L’actuel site de Morvilliers destiné aux déchets de très faible activité est dimensionné pour fonctionner jusqu’en 2026 ou 2028. Une extension de ce site permettrait de le prolonger dix ans.

Ensuite, pour ces déchets, mais aussi et surtout pour les déchets de faible activité à vie longue (FAVL), il faudra un autre site, le 3e site aubois, qui fonctionnera 40 à 50 ans.

2. Où sera-t-il créé ?

Rien n’est encore arrêté, mais le site envisagé se trouve sur une zone de 10 km2 près de Brienne-le-Château, sur les communes de Juzanvigny et d’Épothémont. «  Si le projet se fait, c’est là. Il n’y a pas de recherches menées ailleurs  », résume Patrice Torrès, le directeur des centres de stockage aubois. Il rappelle que l’autorisation de mener les études a été donnée par les élus locaux, en l’espèce ceux de la communauté de communes de Vendeuvre-Soulaines.

Ce site représenterait une surface d’environ 150 à 200 hectares. Sur les deux communes en question, les terrains pressentis sont actuellement des forêts et des terres agricoles, notamment des prairies.

«  Nous poursuivons les investigations cette année, à la fois en surface et par des forages à différentes profondeurs. Sur ces communes, les couches d’argile ne sont pas tout à fait identiques à ce que l’on connaît à Soulaines par exemple. La nouvelle campagne va démarrer courant mai  », indique Patrice Torrès.

3. Comment se présentera ce nouveau site de stockage ?

Les déchets de faible activité à vie longue seront placés au milieu d’une couche d’argile à quelques dizaines de mètres de profondeur. Sans doute autour de vingt à trente mètres. Deux options pourraient être retenues : soit creuser l’argile et y stocker les déchets, soit imaginer un tunnel qui descendrait, un peu comme à Bure, pour y stocker les déchets dans des galeries.

4. Quelles sont les échéances de ce projet ?

La phase industrielle, avec avant-projet sommaire, avant-projet détaillé, concertation, demande d’autorisation de création, pourrait démarrer en 2020 ou 2021. Il faudra au préalable définir les objectifs de sécurité et les besoins exacts. Les estimations actuelles sont de l’ordre de 180 000 m3.

«  Ensuite, il faut entre 12 et 15 ans pour mettre en service un tel site dont il n’existe pas d’équivalent ailleurs  », confie Patrice Torrès. Un long chantier, explique-t-il, car très technique. Une équipe dédiée travaille sur ce projet, pilotée depuis le siège de l’Andra. Un projet qui nécessite selon Patrice Torrès une importante démarche de concertation ainsi qu’une instruction de la part de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Ce projet devra aussi trouver sa place dans le plan national de gestion des déchets nucléaires et dans la réflexion globale annoncée la semaine dernière par le gouvernement.

5. Qui va payer ?

Les acquisitions de terrains se feront «  autant que possible à l’amiable  ». À défaut, sera lancée une procédure d’utilité publique et d’expropriation à partir de l’évaluation des Domaines. Selon le principe pollueur-payeur, le site sera financé par les générateurs de déchets tels que le CEA, EDF ou encore Orano (ex-Areva).

Source : Un nouveau centre pour les déchets radioactifs en projet dans l’Aube – lest-eclair.fr

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