Nucléaire. « Cette industrie joue avec le feu »

Dans Nucléaire, danger immédiat, Thierry Gadault et Hugues Demeude dressent un bilan alarmant de l’état des centrales nucléaires françaises. Rencontre avec l’un des auteurs.

Dans leur livre Nucléaire – Danger immédiat à paraître mercredi chez Flammarion, Thierry Gadault et Hugues Demeude dressent un bulletin de santé inquiétant des centrales nucléaires françaises. Ils évoquent notamment des fissures sur les cuves de plusieurs réacteurs.

Thierry Gadault, quel est l’état du parc nucléaire français aujourd’hui ?

Tricastin dans la Drôme, le Bugey dans l’Ain, Saint-Laurent-des-Eaux dans le Loir-et-cher, Blayais en Gironde… Sur les 58 réacteurs du parc nucléaire français, une dizaine sont dans un état catastrophique. D’ici 2028, ils auront 40 ans, un seuil critique. A Flamanville (Manche), les enceintes de confinement sont parmi les pires des réacteurs de 1300 MW. La centrale est connue pour avoir des problèmes de maintenance et d’exploitation. En cas d’incident il n’y aurait aucune barrière pour éviter que la radioactivité se propage à l’extérieur.

A Paluel (Seine-Maritime), en mars 2016, un générateur de vapeur s’est effondré sur la dalle lors de son remplacement. A La Hague, usine de retraitement âgée de 52 ans, tout tombe en panne et l’entreprise n’a pas les moyens pour entretenir ou renouveler ses équipements, notamment la ligne d’évaporateurs. En outre, suite aux restructurations, les salariés qui restent font de leur mieux, mais sont soumis à une pression maximale.

A l’annonce de la publication de votre livre, EDF rappelle que la sûreté nucléaire est sa « priorité absolue »…

Cette industrie joue avec le feu et risque de se brûler les doigts. Nous ne sommes pas des anti-nucléaires forcenés. Nos sources, fruit de 6 ans d’enquête, émanent de scientifiques extrêmement compétents du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). Dès 2012, EDF reconnaissait dans un rapport diverses irrégularités, ce qui ne l’empêche pas, en raison de ses difficultés financières, de demander que le fonctionnement de ses centrales soit prolongé de 20 ans, au-delà des 40 ans prévus lors de leur mise en service. Rien n’a été prévu en cas de séisme, ni pour les diesels, ni pour les tuyauteries de secours. L’Assemblée Nationale vient précisément de nommer une commission d’enquête sur la sûreté nucléaire.

Quelles solutions apporter pour préserver notre système énergétique ?

Nous sommes dans une situation particulièrement grave avec un système électrique extrêmement déséquilibré. Il faut un débat national avec un référendum sur la dénucléarisation et l’avenir des énergies en France. L’urgence absolue pour pouvoir sortir rapidement du tout nucléaire, c’est un grand plan d’efficacité pour les économies d’énergies et la rénovation des 40% de foyers qui sont des passoires énergétiques et ne se chauffent qu’à l’électricité. Cela fait dix ans qu’on en parle et dix ans que rien n’est fait. Il faut, en même temps libérer l’autoconsommation et les énergies renouvelables. Il est plus que temps de le faire.

 Nucléaire, danger immédiat. Thierry Gadault et Hugues Demeude, Flammarion, 286 p., 21 euros. À paraître mercredi 7 février.

Source : Nucléaire. « Cette industrie joue avec le feu »

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1 comment for “Nucléaire. « Cette industrie joue avec le feu »

  1. exosphene
    13 février 2018 at 14 h 24 min

    Pour arrêter cette folie, la première des choses est de stopper cette culture du secret qui couvre un mensonge inavouable, que les pouvoirs « publics » s’évertuent à entretenir.
    Le système de gouvernance qui encadre et protège en toute impunité le nucléaire, est un concentré du pire modèle que notre société peut nous offrir.
    Cette une faillite complète d’un système élitique consanguin, qui n’a pour seule vocation que de préserver son propre intérêt. Il est prêt à tout pour parvenir à sa subsistance et le sacrifice de milliers de vies pour son bien être, n’est pour lui qu’un point de détail. Le lobby de l’atome a pris en otage la population de la même manière que les banquiers l’ont fait avec la crise de la dette, le mensonge est tellement énorme et la situation tellement inextricable, que tout le système reste paralysé devant le risque en espérant que le pire n’arrive pas et en essayant de se persuader que tout ira pour le mieux. C’est à cette lâcheté là, que l’on mesure la limite de notre humanité.
    Un grand merci aux auteurs, pour cet édifiant ouvrage qui lève une partie du voile qui cache une réalité bien différente de ce que l’on veut bien nous en dire, mais aussi, et surtout, que nous ne sommes pas tous prêts à accepter d’ entendre. La sortie du nucléaire passera obligatoirement par la perte de nos égoïsmes individuels, et si cela n’arrive par notre simple volonté, alors ce sera par les faits, qui eux ne nous laisseront ni le temps et encore moins le choix, mais l’a t’on encore ?

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