Les sous-traitants en première ligne pendant la pandémie de Covid-19

Sur le site nucléaire de Dampierre-en-Burly, des mesures barrières ont été mises en place suite à la mobilisation des salariés d’entreprises sous-traitantes.

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La centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly, dans le Loiret.

A Dampierre-en-Burly, dans le Loiret, derrière les murs de la centrale nucléaire qui longent la Loire, les salariés d’EDF et des entreprises sous-traitantes n’ont pas cessé de travailler pendant le confinement. Leur présence est essentielle pour que le site puisse continuer à fournir de l’électricité au réseau, mais aussi pour assurer la maintenance des installations. Sur les sites des centrales françaises, on compte 75 % d’effectifs de moins qu’à l’accoutumée. Pour les salariés, les précautions pour éviter la propagation du Covid-19 se sont ajoutées à celles pour limiter les risques des radiations.

Lors du déclenchement de la crise sanitaire, les employés des sous-traitants de la centrale de Dampierre-en-Burly s’étaient mobilisés pour dénoncer le manque de mesures mises en place par EDF et manifester leurs craintes quant à une contamination au Covid-19 au sein du site. « Nous voulions plus de protection », précise Antoine (son prénom a été changé pour conserver son anonymat), employé d’une entreprise sous-traitante sur le site.

« C’était la panique pour tout le monde, les salariés devaient redoubler de vigilance », Jêrome Schmitt

« Au début de la crise sanitaire, c’était la panique pour tout le monde, les salariés devaient redoubler de vigilance et s’approprier de nouvelles pratiques », décrit Jérôme Schmitt, délégué syndical de Sud-Energie à Dampierre-en-Burly, un syndicat minoritaire mais très actif auprès des sous-traitants.

L’entreprise publique explique avoir alors dépêché des éclaireurs sur le terrain pour voir quelles mesures étaient mises en œuvre pour leur permettre de travailler en toute sécurité et « rassurer les prestataires ». Dans les jours qui ont suivi, « EDF a rapidement rectifié le tir en limitant le nombre de personnes sur les lieux et en désinfectant les portiques de sécurité, ce qui n’a pas été le cas dans de nombreuses entreprises d’autres secteurs », souligne Pascal Lambolez, expert à la Fédération des mines et énergie CGT.

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Des ajustements demandés par l’ASN

Cependant, lors d’une de leurs premières visites post-déconfinement à la centrale de Dampierre-en-Burly, le 7 mai, les inspecteurs de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) se sont intéressés à l’organisation pour lutter contre le coronavirus. Ils ont notamment remis en cause la gestion des flux du personnel dans les vestiaires, qui ne permettait ni de respecter une distance de sécurité, ni d’éviter les croisements des salariés qui entrent masqués dans la zone contrôlée – zone dont l’accès est soumis à une réglementation spéciale – et ceux qui en sortent sans masque.

« Le produit utilisé pour nettoyer les surfaces n’était pas assez puissant »

Autre grief, lors des contrôles dans des vestiaires à proximité du bâtiment du réacteur, il a été constaté que le produit utilisé pour nettoyer les surfaces n’était pas assez puissant pour tuer le virus. Des doléances portées par les salariés dès le début de la crise. Toutefois, prudente, l’ASN déclare n’avoir relevé « aucun écart majeur, qui pourrait être directement imputable à la crise ».

« Désormais, on voit qu’on ne peut pas se passer des salariés en sous-traitance pour faire tourner les sites nucléaires nécessaires pour produire l’électricité. Beaucoup d’agents EDF pouvaient travailler depuis chez eux, tandis que pour eux c’est impossible », rappelle Jérôme Schmitt.

Lors de son audition, le 28 avril, devant la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, Bernard Doroszczuk, président de l’ASN, a été interpellé par les parlementaires sur l’organisation des inspections à l’avenir. « Il y aura plus de contrôles », « une surveillance des chantiers beaucoup plus attentive » et « un regard particulier porté sur les facteurs d’organisation et humain », a-t-il répondu.

Source : Nucléaire : les sous-traitants en première ligne pendant la pandémie de Covid-19

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