Les salariés d’une centrale nucléaire déposent un droit d’alerte

(©AFP / 05 octobre 2009 19h26)

FLAMANVILLE – Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche) a déposé vendredi un droit d’alerte auprès de la direction sur les conditions dans lesquelles se déroule la maintenance d’un réacteur, a indiqué la CGT.

Pour le syndicat, cette mesure était nécessaire car la sécurité des salariés comme la sûreté des installations étaient en jeu. « C’est le pire arrêt de tranche (arrêt d’un réacteur pour maintenance tous les 18 mois) que nous ayons jamais eu », a assuré Philippe Page, secrétaire général de la CGT (majoritaire) de la centrale.

A la suite de ce droit d’alerte, la direction a décidé de suspendre une partie des activités de maintenance samedi et dimanche avant de reprendre les travaux lundi « dans la sérénité », a indiqué une porte-parole de la direction de la centrale.

« Des problèmes récurrents de disponibilité des outillages, de pièces de rechange, s’ajoutent à une pression non tolérable du planning sur le seul critère économique – « il faut trouver une solution. L’arrêt coûte un million par jour » – par la direction qui, hier, donnait des leçons de rigueur et, aujourd’hui, viole ouvertement lois et règles », selon le texte déposé par la CHSCT, composé de huit membres CGT et un CFDT.

La direction a établi lundi un nouveau planning de travail, selon le syndicat qui attend sa mise en oeuvre pour juger.

Selon la CGT, cette dégradation des conditions de travail est dûe à un recours croissant à la sous-traitance depuis l’ouverture du capital d’EDF en 2004. « On a à la fois des entreprises qui débutent dans le nucléaire et des gens compétents qui sont partis à la retraite », a estimé M. Page.

Selon la direction, lors des arrêts de tranche, « il y a des fortuits, des pannes pas toujours prévisibles ».

Selon la CGT, ce droit d’alerte n’a pas de lien direct avec deux incidents intervenus ces dernières semaines sur cet arrêt de tranche, l’un classé de niveau 0 sur l’échelle des incidents INES par l’ASN, l’autre pas classé (donc de niveau inférieur.

Selon la direction, jusqu’à 1.500 personnes, dont 650 agents EDF, travaillent sur cet arrêt de tranche qui doit durer une cinquantaine de jours.

http://www.romandie.com/infos/news2/091005172648.we1l0r5v.asp

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