Les dangereuses ambitions de M. Proglio:

OLIVIER BABEAU EST PROFESSEUR AGRÉGÉ À L’UNIVERSITÉ PARIS-VIII.

Plus que tout autre acteur historique d’un marché en phase d’ouverture, EDF fait, depuis longtemps, de la résistance. Bruxelles regarde d’ailleurs d’un très mauvais oeil cette France qui, tout en ayant proclamé la fin du monopole en matière de distribution d’électricité, a mis en place une vraie-fausse ouverture dans laquelle EDF détient sans partage la rente nucléaire et revend, à des tarifs trop élevés arbitrairement fixés par l’Etat, une partie de l’électricité qu’elle produit aux nouveaux entrants.

Concrètement, EDF vend, dans le cadre des tarifs réglementés, l’électricité nucléaire à moins de 35 euros le mégawatheure, alors que ses concurrents fournisseurs achètent la même électricité à plus de 50 euros sur le marché de gros. Ce surcoût d’environ 20 % du prix moyen facturé au client résidentiel empêche les nouveaux entrants de couvrir leurs charges et les place, structurellement, en situation déficitaire.

La nomination d’un nouveau président à la tête d’EDF aurait pu, si le pouvoir politique l’avait souhaité, être une occasion pour briser cette logique infernale et obliger EDF à vendre aux nouveaux entrants son électricité d’origine nucléaire au prix de la part fourniture des tarifs réglementés, soit au plus 35 euros le mégawatheure. Cette solution intermédiaire permettrait aux nouveaux entrants de faire les investissements nécessaires pour améliorer leur offre et à leurs clients de disposer enfin d’un réel choix concurrentiel, tout en profitant légitimement du programme nucléaire qu’ils ont, en tant que contribuables, financé depuis des années.

suite article :http://www.lesechos.fr/info/analyses/020233352552-les-dangereuses-ambitions-de-m-proglio.htm

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