La CGT et SUD Énergie veulent le report de la maintenance des réacteurs

(Montel) Les syndicats du secteur de l’énergie, dont la FNME-CGT majoritaire et Sud-Énergie, exhortent EDF à repousser les travaux de maintenance « non essentiels » du parc nucléaire afin de freiner la propagation du coronavirus.

« Nous sommes inquiets. Depuis hier, des prestataires arrivent en masse pour procéder à des travaux sur certains sites, comme c’est le cas à Dampierre et Belleville [dans le centre de la France] », a déclaré à Montel le délégué de Sud-Énergie Jérôme Schmidt.

Le réacteur Belleville 1 (1 310 MW) doit être soumis à sa troisième visite décennale du 2 mai au 6 novembre, alors qu’il est prévu que la tranche Dampierre 2 (890 MW) soit arrêtée du 24 avril au 10 juillet pour des travaux de maintenance, selon les données Remit.

« EDF fait les mauvais choix en maintenant de la maintenance pas urgente pour des raisons financières car les travailleurs sur le terrain ne sont pas suffisamment protégés », a-t-il ajouté, assurant que certaines personnes travaillaient alors même que des membres de leur famille étaient contaminés par le virus.

Lundi, EDF a annoncé qu’elle allait réviser à la baisse son objectif de production nucléaire d’électricité pour 2020 en raison de l’impact de la pandémie sur le calendrier de maintenance de ses réacteurs.

L’électricien public a d’ores et déjà suspendu certaines opérations, comme c’est le cas à Flamanville, ou pris du retard sur la maintenance d’autres unités, selon les syndicats.

EDF refuse de dévoiler pour l’heure quels sont les réacteurs dont la maintenance est affectée par le virus.

Les derniers chiffres transmis par EDF à la FNME-CGT font état de 183 agents statuaires contaminés par le Covid-19 et seize prestataires sur un total de 165 000 salariés, selon le syndicat.

« Inertie »
« Des cas de prestataires qui n’ont pas les moyens de se protéger, faute de masques, de gel hydroalcoolique et de tests dans des contextes de promiscuité nous sont signalés sur l’ensemble du parc nucléaire », a affirmé Gilles Reynaud de l’association de défense des sous-traitants « Ma zone contrôlée ».

À ses yeux, le groupe est « dépassé par les événements »  et fait courir « un risque majeur » aux sous-traitants en les embauchant à la place de ses employés pour effectuer les travaux à risque. Toutefois, en parallèle, des sous-traitants commence à exercer leur droit de retrait, craignant pour leur santé, a-t-il relevé.

« On est dans contexte inédit, où des répercussions vont se faire sentir sur la production car certaines opérations planifiées ne pourront plus être effectuées » si la propagation continue.

Le président d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a récemment fait savoir à la FNME-CGT que la crise imposait d’anticiper ou geler certains arrêts afin de garantir l’équilibre production/consommation l’hiver prochain, assurant que la stratégie du groupe était « en cours d’élaboration ».

Une rencontre entre l’ASN et EDF est du reste planifiée prochainement afin d’établir un nouveau calendrier des arrêts de tranches, selon le syndicat. Contactées à ce sujet, ni l’ASN, ni EDF n’étaient disponibles immédiatement pour confirmer cette information.

EDF a lancé début mars la première des trois phases de son plan de continuité d’activité qui doit lui permettre de maintenir la production d’électricité pendant douze semaines avec une réduction de 25% des effectifs et, en cas de pic de l’épidémie, pendant deux à trois semaines avec un effectif diminué de 40%.

En cas d’aggravation de la crise, l’entreprise pourrait faire intervenir sa Force d’action rapide nucléaire (FARN), composée de 300 personnes mobilisables en une heure et sur quatre bases régionales à Civaux, Dampierre, Bugey et Paluel, afin d’assurer la production. La FARN pourrait même être confinée à l’intérieur des centrales afin d’éviter tout risque de contagion, a indiqué récemment l’ASN à Montel.

Source : Syndicats veulent le report de la maintenance des réacteurs

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