HEXAGONES – Enquête santé salariés DATR

Nous avons lu sur le site http://www.hexagones.fr ces articles très très intéressants de Thierry GADAULT sur :

« La contamination radioactive que cache EDF » ,

« L’explosion des contaminations internes » et

« Le rayonnement ionisant est susceptible d’abîmer l’ADN »…

Nous remercions toute l’équipe d’Hexagones qui nous autorise à diffuser cette enquête et nous vous invitons à soutenir vous aussi ce site d’information  😉

Par Thierry Gadault | Passer au vert |  audio| Lecture en 12 minute(s)

La contamination radioactive que cache EDF

Les chiffres publics de l’exposition des salariés du nucléaire aux rayonnements ionisants sont inexacts. Les informations et les témoignages recueillis par Hexagones montrent qu’EDF ne communique pas la réalité des doses reçues en cas de contamination interne. L’IRSN dénombre pourtant plus d’un millier de cas positifs en 2013 chez EDF.

C’est un chiffre dont EDF est très fière : le niveau d’exposition des salariés du nucléaire aux rayonnements ionisants. Dans son rapport annuel pour l’année 2013, l’électricien indiquait ainsi que seulement 8 travailleurs avaient reçu une dose annuelle supérieure à 14 millisieverts, sans pour autant atteindre la barre des 16 mSv, le niveau limite que l’électricien s’est fixé, un niveau inférieur à la norme française de 20 mSv par an.

8 salariés sur les quelque 40 000 à 50 000 travailleurs qui franchissent chaque jour les portes d’une centrale nucléaire. La performance peut paraître impressionnante, pour une industrie où le risque d’irradiation, externe et interne, est présent en permanence.

Opacité

Le problème est que ces chiffres sont, sinon faux, tout du moins inexacts et totalement opaques. Selon nos informations, EDF omet, en effet, de transmettre à l’Institut de radioprotection et sureté nucléaire (IRSN), chargé de gérer la base nationale de données de dosimétrie (baptisée SISERI), une partie des doses reçues par les salariés : celles induites par les contaminations internes, par ingestion de particules radioactives.

Faute de pouvoir disposer de ces données, personne ne peut donc vérifier la véracité des chiffres publiés par l’électricien. Et surtout s’assurer que le suivi médical des personnels contaminés par des particules radioactives, qui, comme l’uranium, peuvent être très toxiques, a été réalisé. L’exposition aux rayonnements ionisants, même à faibles doses, peut en effet induire de lourdes conséquences sanitaires, avec une augmentation du risque de cancer ou de leucémie (lire et écouter l’interview du Professeur Bourguignon).

Le système de contrôle mis en place par EDF paraît pourtant donner toutes les garanties nécessaires pour s’assurer que l’exposition des salariés du nucléaire aux rayonnements ionisants est bien suivie et mesurée. Cette exposition prend donc deux formes : externe, en cas d’irradiation, ou interne, par inhalation de microparticules radioactives qui se fixent ensuite sur les poumons.

Pour mesurer l’exposition externe, le suivi est assez simple. Chaque salarié, qui entre dans une centrale nucléaire, porte un dosimètre qui enregistre toutes les doses qu’il reçoit : les données relevées par les dosimètres sont enregistrées, tous les mois, par un laboratoire indépendant d’EDF, dans la base SISERI.

Suivi

Le suivi des contaminations internes est, en revanche, plus complexe. Tout d’abord, il faut comprendre que ce risque est bien réel : l’atmosphère des zones contrôlées (un terme élégant pour parler des zones irradiées) peut être polluée par des particules radioactives qui peuvent donc être inhalées par les salariés.

Pour prévenir ce risque, EDF a installé, dans ces zones contrôlées, des balises censées donner l’alerte en cas de pollution. De plus, à la sortie de ces zones, chaque salarié doit passer sous un portique qui détecte des émissions radioactives.

Quand un portique sonne, le salarié à l’origine de l’alarme doit alors se rendre dans le service de santé de la centrale pour y subir un examen anthropogammamétrique : une grosse machine qui peut détecter l’origine de la contamination et mesurer la dose reçue. Mais cette machine ne détecte que le rayon gamma, conséquence de la désintégration des atomes.

Or parfois, le rayon émis est trop faible pour être mesuré. « Des nucléides qui émettent des rayons béta ne sont pas détectables », explique Alain Rannou, le conseiller du directeur de l’IRSN pour la radioprotection.

« C’est la même chose pour certaines particules qui émettent des rayons alpha. Le rayon gamma émis par la désintégration des atomes d’américium est à la limite de détection et un examen anthropogammamétrique peut passer à côté », ajoute un technicien travaillant dans un laboratoire spécialisé dans l’industrie nucléaire.

« Quand un salarié est détecté, il faut lui faire passer un examen anthropogammamétrique et compléter cet examen par des analyses d’urine ou de selles », souligne le docteur Dominique Huez, aujourd’hui retraité après avoir travaillé pendant près de trente ans comme médecin du travail à la centrale nucléaire de Chinon.

Oui, mais voilà, EDF a fait de l’examen anthropogammamétrique l’alpha et l’oméga du suivi médical des travailleurs du nucléaire, alors que les examens radiotoxicologiques sont l’exception. Comme l’explique la doctoresse Michèle Gonin, la déléguée d’État Major Santé au travail d’EDF*.

Quand on interroge les salariés de la sous-traitance en charge de la maintenance des réacteurs, ils semblent aussi surpris. « Des analyses, quelles analyses ? En 25 ans de travail dans les centrales nucléaires, je n’ai jamais fait d’autres examens qu’anthropogammamétriques. Et à chaque fois, EDF m’a dit que tout était bon, car la limite légale de 20 millisieverts n’était pas dépassée », raconte Claude (le prénom a été changé), qui a passé son temps à intervenir dans les zones les plus risquées des centrales nucléaires.

En théorie, les médecins du travail d’EDF, qui dispose de son propre service de santé, sont libres de demander tous les examens qu’ils souhaitent. Dans la réalité, à en croire le docteur Huez, la direction de l’électricien a mis en place un système très complexe, dirigé par la médecin Michèle Gonin, qui limite la liberté d’action des médecins du travail et le recours aux analyses radiotoxicologiques.

Tout commence avec ce fameux examen anthropogammamétrique. « Alors qu’il s’agit d’un examen médical, EDF a réussi à faire accepter par les services médicaux qu’il ne soit pas considéré comme tel », affirme le docteur Huez. Interrogée à ce propos, Michèle Gonin a fourni une réponse peu compréhensible.

Le débat sur ce point est loin d’être anecdotique. Si l’anthropogammamétrie est un examen médical, alors son résultat ne peut être connu que du seul médecin qui l’a ordonné. Si ce n’est pas le cas, la direction d’EDF peut aussi récupérer les résultats et en faire ce qu’elle veut.

Médecine du travail

Deuxième étape du protocole mis en place par EDF pour encadrer l’activité de ses médecins du travail : faute d’un cadre légal précis sur le suivi médical des salariés nucléaires et l’activité de ses médecins du travail, l’électricien a eu recours à des recommandations de « bonne pratique ». Pour éviter les accusations de mise sous tutelle de son service médical, EDF n’a pas agi en direct, mais à travers la Société française de médecine du travail (SFMT).

La SFMT a notamment émis, en 2011, une recommandation consacrée à la surveillance médico-professionnelle de l’exposition interne des radionucléides en installations nucléaires de base. Qui est la coordinatrice du groupe de travail constitué par la SFMT ? Michèle Gonin !

L’une des principales préconisations de cette recommandation porte sur les déclarations à l’IRSN des doses calculées lors des contaminations internes : elle préconise de le faire à partir d’un seuil de 1 mSv.

À l’époque, la réglementation est très vague. Selon Alain Rannou, elle se contentait d’indiquer : « le médecin du travail […] détermine […] si les conditions de l’exposition sont connues et permettent le calcul, la dose interne engagée par le travailleur. » En pratique, chaque médecin du travail d’EDF agissait comme il l’entendait, selon le docteur Huez.

Depuis l’arrêté du 17 juillet 2013 (entré en application cette année), la situation a évolué. La réglementation prévoit maintenant, selon Alain Rannou, que « le médecin du travail communique à SISERI la dose efficace engagée calculée dès lors qu’il la juge significative et, dans tous les cas, lorsqu’elle est égale ou supérieure à 1 mSv. »

*L’entretien avec la médecin Michèle Gonin a été organisé par la direction de la communication d’EDF et s’est déroulé le 20 octobre, en présence d’une attachée de presse détachée par le siège.

Chez EDF, on a simplifié la chose, en considérant que ce seuil de 1 mSv est devenu le seuil réglementaire à partir duquel le médecin du travail doit déclarer la dose à l’IRSN, comme l’explique Michèle Gonin.

Joli tour de passe-passe. Car les examens radiotoxicologiques permettent de calculer les doses à partir de à 0,5 mSv. Un document émis par le service de Michèle Gonin et distribué aux salariés, confirme ainsi que la dose calculée à l’occasion d’une contamination interne est intégrée dans leur dossier médical dès qu’elle dépasse ce seuil de 0,5 mSv. Mais pas pour autant communiquée à l’IRSN.

Énigme

Alors pour quelles raisons, EDF refuse-t-elle de communiquer ces données ? « Dans la quasi-totalité des examens radiotoxicologiques positives, les résultats sont compris entre à 0,5 et 1 mSv », affirme le docteur Huez. Ce que confirme indirectement la doctoresse Michèle Gonin en précisant qu’il n’y a eu, l’an dernier, aucune déclaration de dose, suite à une contamination interne, faite à l’IRSN.

Pourtant, le problème des contaminations internes chez EDF est devenu, au cours de ces dernières années, réellement préoccupant, comme le montrent les statistiques publiées par l’IRSN. Si EDF ne communique pas les doses en dessous de 1 mSv, l’entreprise doit néanmoins informer l’IRSN du nombre de cas positifs.

Année 2008 2009 2010 2011 2012 2013
Examens positifs sur suspicion de contamination (selles et urines) 0 0 N.C. 385 612 1111

Source IRSN

Mais même ces chiffres sont à utiliser avec précaution, en raison de la situation sociale très dégradée qui a désorganisé le laboratoire d’analyses médicales (LAM), interne à EDF, qui réalise les analyses radiotoxicologiques (lire : l’explosion des contaminations internes).

Reste à comprendre pour quelles raisons EDF se refuse à communiquer à l’IRSN les doses de contamination interne, en interprétant en sa faveur la nouvelle réglementation ? Existerait-il des risques sanitaires que l’électricien souhaite ainsi ne pas voir apparaître ?

Et ce comportement se préoccupe-t-il vraiment de la santé des salariés de la sous-traitance qui reçoivent déjà 80 % des doses déclarées et qui sont les plus exposés aux contaminations internes ?

http://www.hexagones.fr/search?term=nucl%C3%A9aire#!/article/2014/11/12/edf-minore-lexposition-des-salaries-du-nucleaire-aux-irradiations/1

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L’explosion des contaminations internes

EDF est confrontée à une explosion du nombre des contaminations internes. Hexagones s’est procuré les résultats de son laboratoire d’analyses médicales (LAM). Ils ne sont pas conformes avec les données publiées par l’IRSN.

En quatre ans, le nombre de contaminations internes positives (c’est-à-dire qui ont généré une dose supérieure à 0,5 mSv), par ingestion de poussières radioactives, est passé de 0 à 1111 dans les centrales nucléaires en activité d’EDF, selon l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN).

Quand on interroge la doctoresse Michèle Gonin, la déléguée d’État Major Santé au travail d’EDF, sur les raisons de cette explosion du nombre de cas positifs, elle évoque des incidents, sans préciser lesquels.

2014-12-03_17h26_09Comme le niveau de dose relevé n’a jamais dépassé le seuil de 1 mSv, aucun de ces cas positifs n’a donc donné lieu à une déclaration de dose auprès de l’IRSN (lire : EDF : l’exposition réelle des salariés du nucléaire).

Est-ce bien prudent alors que les salariés possiblement contaminés, par ingestion de particules radioactives, sont peut-être ceux aussi le plus susceptible d’être exposés aux rayonnements ionisants ?

En cherchant à comprendre ce qui se passait chez l’électricien et quels étaient les risques pour les salariés du nucléaire, le problème du laboratoire d’analyses médicales, qui réalise les analyses radiotoxicologiques, a surgi. Faisant naître de nouvelles interrogations sur la transparence des données publiées par l’IRSN.

Données compromettantes

« Vu de la DPN [Direction de la production nucléaire, NDLR] : le LAM pose un véritable problème de “sûreté”, la révélation de certaines données pourrait s’avérer compromettante, et mettre en évidence des pratiques douteuses aux conséquences dramatiques si elles venaient aux oreilles de certaines institutions ou organisations surtout dans le contexte actuel. »

Cette citation est extraite d’un rapport rédigé, en 2013, par des techniciens du Laboratoire d’analyse médicale d’EDF. Ce document, qu’Hexagones a pu se procurer a été transmis au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), dont dépend le LAM, qui, avec l’accord des salariés, l’a ensuite communiqué à la direction du CEIDRE (le centre d’ingénierie nucléaire d’EDF), la tutelle hiérarchique.

La réaction de la direction ? La mise en place d’un audit managérial, dont le résultat ne sera jamais communiqué aux salariés !

Ce qui a suscité la rédaction de ce rapport ? Le LAM traverse alors une profonde crise. Dont il peine toujours à sortir.

« Entre les arrêts maladies, les départs (pour d’autres postes chez EDF ou pour retraite), les démissions ou les licenciements, il n’y a plus que 7 techniciens opérationnels actuellement » sur une douzaine de postes, raconte un ancien salarié, qui a préféré garder son anonymat.

Selon cet ex-salarié du LAM, la situation, qui n’était déjà pas terrible, s’est dégradée au début de la décennie avec l’arrivée d’un nouveau directeur, Patrick Gérasimo (il n’a pas répondu à notre demande de rendez-vous). Ancien pharmacien militaire aux compétences unanimement reconnues, il aurait tenté d’améliorer les techniques d’analyse du laboratoire, mais se serait retrouvé en porte à faux vis-à-vis de la direction d’EDF.

Le LAM est, en effet, dans une situation inconfortable. Sur le papier, ce laboratoire, reconnu comme étant un laboratoire de biologie médicale, agréé à la fois par le ministère de la Santé et l’Autorité de sureté nucléaire, doit être indépendant de l’électricien. Mais son personnel demeure sous la tutelle hiérarchique de la direction de la production nucléaire.

Le risque alpha

Or, avec le vieillissement des centrales, le risque de contaminations internes des salariés, par ingestion de microparticules radioactives, a fortement augmenté, selon le docteur Huez, ancien médecin du travail à la centrale de Chinon, notamment en raison d’un accroissement des ruptures de gaines des combustibles qui peuvent alors entraîner une pollution de l’atmosphère des zones contrôlées (dans le jargon nucléaire, on l’appelle le risque alpha).

L’un des apports de Patrick Gérasimo a justement porté sur l’amélioration des tests de dépistage des particules alpha (plutonium, américium, curium et uranium) dans les selles. Et les résultats qu’il aurait obtenus auraient pu démentir la position officielle d’EDF selon laquelle le risque alpha est faible.

Mais depuis le début de l’année dernière, Patrick Gérasimo ne serait plus opérationnel : victime de deux burn-out, entraînant deux longs arrêts maladies en 2013, puis en 2014, il aurait été déchargé de ses fonctions de directeur du LAM à son retour en septembre 2014, pour se voir confier un poste de conseiller. Qui a dirigé le LAM pendant ses absences ? « Michèle Gonin », répond l’ancien salarié.

Quand on lui pose la question, la déléguée d’État Major Santé au travail se trouble.

Car cet intérim pose un problème réglementaire : pour assurer l’intérim de Patrick Gérasimo, Michèle Gonin aurait dû abandonner ses autres fonctions au sein d’EDF et disposer d’un contrat de travail particulier. Est-ce le cas ? Lors du rendez-vous avec la doctoresse, organisé le 20 octobre par la direction de la communication d’EDF, elle s’est présentée sous sa fonction officielle de déléguée d’État Major Santé au travail.

Interrogée sur la situation très particulière du LAM au regard de la loi, l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France (le LAM est installé à Saint-Denis), dont l’une des missions est d’agréer les laboratoires de biologie médicale, a refusé de nous répondre. « La situation de ce laboratoire est connue de nos services et en cours d’instruction », s’est-on contenté de nous préciser par mail.

Conflit d’intérêts

Malgré la désorganisation qui règne au LAM, cela ne l’empêche pas de voir son accréditation être renouvelée régulièrement par le Comité français d’accréditation (Cofrac), qui doit valider ses méthodes de travail. Le dernier renouvellement date de juin 2014. Il est vrai qu’il existe un « petit » conflit d’intérêts entre EDF et le Cofrac : Michèle Gonin fait partie des agents utilisés par cet organisme pour auditer les laboratoires de biologies médicales de l’industrie nucléaire…

Mais, il y a peut-être plus grave. « On ne comprend pas les chiffres publiés par l’IRSN : ils ne correspondent pas aux données dont on dispose au LAM », explique l’ancien salarié du laboratoire. Hexagones a pu obtenir une partie des résultats statistiques des analyses réalisées par le laboratoire d’EDF : ils sont présentés et comparés aux données publiées par l’IRSN dans deux tableaux.

2014-12-03_17h36_292014-12-03_17h37_32Difficulté, l’IRSN n’isole pas les chiffres communiqués par EDF. Si la ligne « réacteurs de production nucléaire » correspond uniquement à l’électricien (et à ses sous-traitants qui interviennent dans la maintenance des centrales), EDF est aussi présente dans d’autres activités nucléaires, comme le démantèlement, et ses données sont donc mélangées avec celles d’autres intervenants (CEA, Areva, sous-traitants).

Il a fallu avoir recours à l’aide d’un spécialiste pour pouvoir comparer et interpréter ces données. Les commentaires de ce spécialiste sont en vert sous les tableaux. Si l’on veut résumer sa position : les niveaux de contamination relevés par le LAM sont élevés et l’essentiel des cas positifs enregistrés par l’IRSN dans les secteurs de l’industrie nucléaire où EDF est présente semble provenir de l’électricien.

Mais ce spécialiste s’interroge aussi sur la qualité du suivi médical organisé par EDF. Selon lui, les chiffres dont nous disposons semblent montrer que les salariés, dont la contamination a été mise en évidence par l’examen de prélèvements nasaux, ne bénéficieraient pas systématiquement d’analyses complémentaires des selles, les seules à même de qualifier et quantifier la contamination dont ils sont victimes.

Contaminations en hausse

Autre interrogation de ce spécialiste : les résultats sur les selles semblent montrer une forte progression de la contamination alpha, ce qui signifierait que les ruptures de gaine de combustible augmentent. Or d’après nos informations, le LAM ne rechercherait plus actuellement les traces d’uranium dans les analyses radiotoxicologiques.

Un type de contamination doublement dangereux pour la santé des travailleurs, car son effet toxicologique est encore plus important que son effet radiologique.

Qui dit rupture de gaine dit en effet présence d’uranium, l’absence de cette analyse pourrait donc signifier que les résultats seraient minorés.

La conclusion semble s’imposer d’elle-même. L’actuel système de radioprotection des salariés du nucléaire, mis en place par les pouvoirs publics, pèche par son manque de transparence. Compte tenu des difficultés du LAM pour accomplir ses missions, dans un cadre réglementaire pas suffisamment précis pour éviter des dérives, et facilitant des interprétations à géométrie variable de la médecine du travail chez EDF, il serait donc temps de réformer l’ensemble du dispositif.

Et l’adapter à une situation dans laquelle les contaminations internes connaissent une croissance très élevée et dont l’interprétation, tronquée par l’omission d’analyses complémentaires, minore de manière conséquente l’évaluation de dose et la réalité de la situation…

http://www.hexagones.fr/search?term=nucl%C3%A9aire#!/article/2014/11/12/lexplosion-des-contaminations-internes/1

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« Le rayonnement ionisant est susceptible d’abîmer l’ADN »

Le professeur Michel Bourguignon, membre du collège de l’Autorité de sûreté nucléaire, est spécialisé en médecine nucléaire. Il fait le point sur l’état des connaissances concernant les effets de l’exposition aux rayonnements ionisants.

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– Quels sont les effets des « petites doses » sur l’organisme ?

Le rayonnement ionisant, quelle que soit la dose, est susceptible d’abimer l’ADN. Et on sait aujourd’hui, depuis une dizaine d’années, par des méthodes très fines d’analyses, que des doses très faibles provoquent des cassures de l’ADN […] Ces effets-là sont authentiques, ils sont pareils chez tout le monde et c’est linéaire avec la dose : plus vous en mettez, plus il y a des lésions. Maintenant ce n’est pas parce que l’on a une cassure de l’ADN que l’on va faire un cancer […] On sait que dans un cancer il faut au moins une cellule cancéreuse, et cette cellule cancéreuse c’est probablement une cellule dans laquelle il y a au moins une dizaine de mauvaises lésions de l’ADN et leurs combinaisons sont délétères. Donc toutes les lésions de l’ADN qui persistent font un pas vers la cancérisation.

– Quels sont les effets de l’accumulation de dose sur l’organisme ?

Plus on en accumule et plus on fait de pas vers la cancérisation. Et qu’est-ce qui fait la différence entre les individus, c’est justement cette capacité ou non à bien signaler les lésions et bien les réparer. Et on a appelé ça la radiosensibilité individuelle.

– La contamination interne par ingestion de particules radioactives induit-elle des risques sanitaires particuliers ?

Tout dépend du radionucléide. Parmi ceux que l’on est susceptible d’ingérer, il y a des émetteurs alpha. Ceux de l’industrie nucléaire sont des émetteurs alpha et les lésions liées aux alpha sont très méchantes. Probablement suffisamment méchantes pour tuer beaucoup de cellules.

http://www.hexagones.fr/search?term=nucl%C3%A9aire#!/article/2014/11/12/le-rayonnement-ionisant-est-susceptible-d-abimer-l-adn

Nous espérons vous avoir donner envie d’écouter les divers interview qui alimentent cette enquête. Vous aussi soutenez HEXAGONE  😉

Une idée de cadeau à l’approche des fêtes de fin d’année , le livre  » EDF la bombe à retardement « 

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cropped-MZC2.jpg( Ici nous respectons la loi sur les droits d’auteur et le travail de la presse et des journalistes professionnels )

Et vous…qu’en pensez vous ?

 

1 comment for “HEXAGONES – Enquête santé salariés DATR

  1. webmaster MZC
    4 décembre 2014 at 15 h 50 min

    Mobilisation Les médecins du travail lancent une pétition contre la loi Macron

    Ils l’avaient annoncé lors d’une conférence de presse la semaine dernière. Cinq syndicats de médecins du travail (CFE-CGC, CTFC, CGT, FO, SNPST) viennent de lancer une pétition pour s’opposer au projet de loi Macron qui autorise le gouvernement à réformer par ordonnances les services de santé au travail.

    Ils l’avaient annoncé lors d’une conférence de presse la semaine dernière. Cinq syndicats de médecins du travail (CFE-CGC, CTFC, CGT, FO, SNPST) viennent de lancer une pétition pour s’opposer au projet de loi Macron qui autorise le gouvernement à réformer par ordonnances les services de santé au travail. Dans ce texte (à lire sur http://www.petitions24.net), ils se disent « choqués de voir que la médecine du travail n’est présentée que comme une contrainte administrative et que l’objectif est de sécuriser les employeurs en simplifiant leurs obligations, sans que soit prise en compte (…) la protection de la santé des salariés ». Ils dénoncent la suppression de la visite périodique chez le médecin du travail et des préconisations d’aménagements de postes, ainsi que la réduction de la protection des salariés mineurs, évoquées dans le « choc de simplification » qui a inspiré le projet de loi.

    http://www.humanite.fr/mobilisation-les-medecins-du-travail-lancent-une-petition-contre-la-loi-macron-559322#sthash.8VW5spg6.dpbs

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