Areva met fin au cauchemar de l’EPR finlandais

Article proposé par Bertille Bayart

Le champion français de l’atome et son client finlandais TVO ont officialisé dimanche avoir signé un accord soldant leur litige autour de la construction de l’EPR d’Olkiluoto. Alors que TVO réclamait 2,6 milliards d’euros, Areva ne devra s’acquitter «que» de 450 millions. La signature définitive du règlement est prévue fin mars.

Areva et son client finlandais TVO sont enfin parvenus à un règlement global de leur litige. Les deux groupes ont officialisé dimanche avoir signé un accord qui solde l’ensemble de leurs contentieux passés. Pour le groupe français, l’addition est salée: 450 millions d’euros. Mais elle était attendue, et apparaît comme un moindre mal au regard des 2,6 milliards que TVO réclamait dans le cadre d’un arbitrage international.

Un cauchemar à 8 milliards d’euros

L’accord conclu dimanche, qui sera définitivement signé d’ici la fin du mois, porte au total à 8 milliards d’euros environ le coût pour Areva de son cauchemar finlandais. Tout a commencé en 2003, quand le champion français de l’atome a vendu à TVO le premier exemplaire de son nouveau réacteur, l’EPR, et s’est pour l’occasion improvisé maître d’œuvre du chantier. Ni la construction, ni le dialogue avec l’autorité de sûreté finlandaise ne se sont passés comme prévu. La facture initiale de 3 milliards d’euros a explosé. Les délais aussi. L’EPR, actuellement en phase d’essais à chaud, devrait finalement être mis en service commercial en mai 2019.

Ce contrat pour la centrale d’Olkiluoto, OL 3, est le premier responsable de la déroute d’Areva, dont les comptes ont subi année après année, la saignée de ses surcoûts. On connaît la fin de l’histoire: quasi-faillite et sauvetage aux frais du contribuable français. Depuis quelques semaines, Areva n’existe d’ailleurs plus. La partie réacteurs a repris le nom de Framatome et est désormais contrôlée par EDF. Les activités du cycle du combustible sont devenues Orano. Areva reste une coquille presque vide, un centre de traitement pour compte de l’État français des litiges du passé.

L’argent public français a priori épargné

L’accord à 450 millions d’euros négocié par le président d’Areva Philippe Varin, et son directeur général Philippe Soulié, devrait pouvoir être financé par la structure sans nouvel appel à l’argent public. C’est donc, selon la société, «un très bon accord». Il sécurise aussi l’avenir. TVO renonce en effet également à son recours contre le feu vert de Bruxelles à la restructuration sur fonds d’État du groupe nucléaire.

L’essentiel, pour la filière nucléaire française et pour TVO, est désormais que l’EPR fonctionne. L’accord de dimanche prévoit qu’EDF mettra à disposition une dizaine de spécialistes de haut niveau pour accompagner l’électricien finlandais une fois démarrée l’exploitation du réacteur géant.

Source : Nucléaire : Areva met fin au cauchemar de l’EPR finlandais

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